Krautstrunk
Steinen, XVe siècle
Verre vert
H 10,9 cm, Ø 6,8 cm
Schweizerisches Nationalmuseum, LM-363
La littérature spécialisée a souvent décrit les verres médiévaux européens comme des objets issus d’une production relativement primitive en raison d’une connaissance insuffisante du matériel, et ceci même au-delà du milieu du XXe siècle. En 1988, l’exposition « Phoenix aus Sand und Asche » du Rheinisches Landesmuseum de Bonn et du Historisches Museum de Bâle a ouvert une toute nouvelle perspective. On y a démontré de manière convaincante que, contrairement à ce qu’on avait imaginé, les verreries médiévales avaient produit des pièces répondant aux normes les plus élevées. Il serait surprenant qu’à l’instar de toutes les réalisations d’artisanat d’art exceptionnelles dans les domaines les plus divers – notamment les magnifiques verrières des cathédrales – seuls les récipients en verre aient été considérés comme attribuables à un genre primitif.
Vers 1500, les gobelets dits « Krautstrunk » étaient, à côté de diverses coupes à nervures, les verres à boire les plus courants au nord des Alpes. Grâce aux fouilles archéologiques, on a trouvé les fragments de dizaines de milliers d’exemplaires, par ailleurs, plusieurs centaines se sont conservés sans dégâts. Ceux-ci doivent souvent leur salut à leur emploi comme reliquaire. Selon la tradition, ces derniers étaient emmurés dans chaque autel. Souvent, ils ont été découvert bien plus tard à l’occasion de projets de restructuration.
Le « Krautstrunk » doit son nom à sa ressemblance avec une tête de chou effeuillée. De tailles très différentes, ces gobelets ont en commun une paroi bombée et un bord de la lèvre légèrement recourbée. Dans la plupart des cas, il y a un filet plié horizontalement au passage sur le bord de la lèvre. Les gouttes rapportées peuvent varier fortement en nombre et en taille ; en moyenne, on en compte entre douze et vingt-quatre. On peut comparer ces verres à des verres à gouttes rapportées du XIIIe siècle qui peuvent comprendre jusqu’à deux cents petites gouttes. Normalement, la paroi des « Krautstrunk » est lisse, rarement elle peut être nervurée à la verticale.